Archives pour: Décembre 2005

31.12.05

Permalien 20:02:02, par Denis Email , 274 mots   French (FR)
Catégories: Commentaires du jour

Caviar, champagne et RMI

En cette période de fêtes de fin d’année, synonymes de ripailles et d’excès alimentaires, le coup de force de quelques dizaines de chômeurs à la Grande Epicerie du Bon Marché, haut lieu du commerce de produits de bouche haut de gamme, est un symbole de la fracture, pour ne pas dire du gouffre, qui divise la France en cette fin d’année 2005. L’étalage de richesses et de produits de luxe ne peut évidemment qu’exciter la convoitise de ceux qui doivent endurer au quotidien la misère due à la précarité du travail et au chômage de masse, ces cancers qui rongent peu à peu notre tissu social. Il est même étonnant qu’il n’y ait pas eu ces dernières années plus de désespérés sociaux tentés, pour se faire entendre, de mener des actions plus radicales envers les symboles de notre société de consommation censitaire. Sans céder aux sirènes utopiques de l’extrême-gauche et en appeler à un grand soir et à une stricte égalité de revenus entre les citoyens, qui seraient des non-sens économiques et dont les pays de l’ex-bloc soviétique ont prouvé qu’ils ne menaient nulle part, il n’en reste pas moins qu’il est grand temps que soient menées les réformes d’envergure qui, en relançant la machine économique et en remettant en marche l’ascenseur social, redonneront espoir à tous les Français. Sauf à prendre le risque d’actions de plus en plus radicales de la part des exclus et des laissés-pour-compte du système.

10.12.05

Permalien 20:04:27, par Denis Email , 372 mots   French (FR)
Catégories: Commentaires du jour

Du déficit et de la dette pour quels résultats ?

Après l’annonce par le Ministre de l’Economie et des Finances que la dette publique dépasse les 2.000 milliards d’euros en tenant compte des engagements liés aux retraites de la fonction publique, après l’examen d’un budget une nouvelle fois en déficit sensible malgré l’utilisation de tous les artifices possibles par le gouvernement pour le contenir, il reste une seule question qui vaille : à quoi servent ce déficit et cette dette en perpétuelle augmentation ? Si encore nous affichions depuis 30 ans un taux de croissance digne des Etats-Unis, un pouvoir d’achat en hausse constante et un taux de chômage insignifiant, on pourrait être tenté de penser qu’ils ne sont pas inutiles. Mais nous en sommes loin. Avec une croissance molle, 10 % de chômage, un pouvoir d’achat qui s’effrite, 1 million de RMIstes, nous endettons chaque année un peu plus nos enfants et petits-enfants pour de bien piètres résultats. Et on ne peut pas incriminer les banques centrales. Depuis 5 ans, les taux d’intérêt sont au plus bas. Si le niveau des taux était le seul déterminant de la croissance économique, celle-ci aurait dû s’emballer depuis 5 ans. La croissance molle que nous avons connu sur cette période oblige à s’interroger sur les effets pervers du déficit et de la dette publics. Qui arrivera à faire comprendre aux Français que ce sont là les premiers ennemis de la croissance, des créations d’emplois et de la hausse du pouvoir d’achat. Il règne sur cette question un aveuglement collectif entretenu par le déni de la réalité dont font preuve nos dirigeants. A l’instar de celui qui prévalait dans les années 30, lorsque nos chefs militaires affichaient une confiance inébranlable dans la protection que procurait la ligne Maginot et refusaient de voir que la mécanisation des armées remettait en cause les schémas tactiques datant de la première Guerre Mondiale. On sait ce qu’il advint. Il fallut la catastrophe des mois de mai et juin 1940 pour que les yeux des Français s’ouvrent à la réalité. A quand la débâcle ?

01.12.05

Permalien 20:05:41, par Denis Email , 355 mots   French (FR)
Catégories: Commentaires du jour

2.000 milliards d’euros

Ce n’est pas le titre d’un polar, mais le montant de la dette de la France tel que l’a confirmé cette semaine le Ministre de l’Economie et des Finances. Le chiffre est tellement astronomique qu’on en vient à se demander si les Français se rendent bien compte de sa signification. Pour 900 milliards d’euros, il s’agit d’un engagement futur, les pensions qu’il faudra verser aux retraités de la fonction publique. Cette dette-là ne génère pas d’intérêt, mais elle correspond quand même à une dépense certaine dont il faudra s’acquitter dans les années à venir, et donc financer par des impôts et des prélèvements. Pour 1.100 milliards d’euros, il s’agit de sommes dues à ceux qui ont acheté des emprunts d’Etat et à qui des intérêts sont versés (pour un montant équivalent aux recettes de l’impôt sur le revenu). D’où viennent-ils ces 1.100 milliards d’euros de dettes ? De 30 ans de déficits publics. Chaque année depuis 30 ans, l’Etat dépense plus qu’il ne gagne. Pour financer cet excès de dépenses, une seule solution : recourir au crédit. Comme un ménage vivant au-dessus de ses moyens doit financer ses dépenses par du découvert bancaire ou des crédits à la consommation. On sait comment cela finit pour les ménages qui tirent trop sur la corde : en situation de surendettement. Pour les Etats, le processus prend un peu plus de temps mais on aboutit à un résultat identique : la crise financière, comme en Argentine. Et même si nous échappons à la crise financière en stabilisant cette dette pendant qu’il en est encore temps, il faudra quand même bien les rembourser, ces 1.100 milliards d’euros. Avec là encore, des impôts et des prélèvements. Chacun de nous, nos enfants et nos petits-enfants n’avons pas fini de payer. Pendant ce temps-là, ceux qui sont responsables de cette situation auront eu les honneurs des livres d’histoire. Vous trouveriez cela normal ?

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Contact : denis@deniscastel.fr

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