Catégorie: Commentaires du jour

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29.01.06

Permalien 19:17:49, par Denis Email , 303 mots   French (FR)
Catégories: Commentaires du jour

Le verre à moitié vide

Les réactions au projet du gouvernement de Contrat Première Embauche sont un bon exemple du dogmatisme, de la mauvaise foi idéologique de ceux qui prétendent défendre les intérêts des salariés contre les employeurs (sans parler des tentatives de manipulation de la part des organisations étudiantes). Ce sont là les vrais "déclinologues", ceux qui ne voient que les risques et jamais les opportunités, ceux qui voient toujours le verre à moitié vide (et il regrettable que le Premier ministre leur aient assimilé ceux qui, tout en insistant sur l’urgence de faire que le verre soit de nouveau rempli, le voient quand même à moitié plein). Syndicats et partis de gauche dénoncent en effet la précarisation des jeunes (comme s’ils étaient déjà tous installés dans un emploi stable) et ne voient dans ce contrat que le risque de rupture à l’initiative de l’employeur au cours des deux premières années. Aucun n’y voit l’opportunité pour les jeunes concernés de décrocher un contrat de travail plutôt que rester au chômage, d’acquérir une expérience et des savoir-faire et donc d’accroître leur valeur sur le marché du travail. Et au bout de 12 ou 18 mois, la possibilité pour certains de ces jeunes de prendre l’initiative de la rupture de ce contrat parce qu’une autre entreprise leur proposera une rémunération plus élevée ou plus d’avantages ou les deux à la fois pour pouvoir disposer de cette expérience et de ces savoir-faire. Avec, à la clé d’ici quelques années, un cercle vertueux qui verra les entreprises revenir d’elle-même au traditionnel CDI lorsqu’elles n’arriveront pas à recruter en proposant un Contrat Première Embauche.

15.01.06

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Le dernier avatar de la pensée unique

La crise des banlieues et le rapport Pébereau sur l’endettement de la France ont été deux signaux forts montrant que la France allait dans le mur, qui plus est en klaxonnant. Tous ceux qui s’en alarmaient et tentaient d’alerter l’opinion publique depuis des mois voire des années, auraient dû pouvoir se féliciter du début de prise de conscience qui s’en est ensuivie. Ils se retrouvent en fait depuis quelques semaines cloués au pilori par certaines têtes bien pensantes du pouvoir politique et des médias. Déclinologue, défaitiste, pessimiste du Café du Commerce, ces têtes bien pensantes n’ont pas de mots assez durs pour fustiger et désigner à la vindicte publique ceux qui ont osé avoir raison avant eux. Une mise au point s’impose : la plupart de ceux qui, à l’instar de l’auteur de ces lignes, s’inquiètent du gonflement de la dette publique, de la faiblesse de la croissance ou de la situation de nombreux Français confrontés au chômage et à la misère (Cf. à ce propos le rapport récent de l‘Union des Familles en Europe) ne sont pas des tenants du déclin, et encore moins des défaitistes qui penseraient que les Français sont des nuls et que seul ce qui se fait à l’étranger est valable. La France dispose d’énormes atouts dans de nombreux domaines (technologique, médical, touristique, culturel etc). Et ce sont justement ces atouts, qui d’une part lui permettent de supporter tous les gaspillages de l’argent public que dénonce encore Jacques Marseille dans Le Point de cette semaine, et qui d’autre part, laisse espérer que, malgré les difficultés, il est encore possible de s’en sortir.

01.01.06

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Bonne année 2006 !

En ce début d’année propice aux vo eux et aux bonnes résolutions de toute sorte, je fais un vo eu : que tous nos dirigeants politiques prennent la résolution de faire preuve en 2006 de franchise, de sincérité, d’objectivité, de courage, de transparence, de bonne foi, de réalisme. Parce que chacun, y compris l’auteur de ces lignes, ne peut que souhaiter que 2006 soit l’année d’une prise de conscience collective de l’urgence des réformes et du rassemblement de tous les Français autour d’un projet mobilisateur et porteur d’espoir. Ce qui suppose de leur expliquer, sans détour et en toute objectivité, les tenants et les aboutissants des différents choix qui s’offrent à eux. Le choc des ambitions personnelles et les querelles d’ego, que ce soit entre le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur ou entre les multiples présidentiables du PS, ne laissent malheureusement rien augurer de tel et font plutôt craindre que les douze prochains mois soient exclusivement consacrés aux mano euvres politiciennes en vue de l’élection présidentielle de 2007 plutôt qu’aux nécessaires efforts de pédagogie à l’égard des électeurs. Il n’est toutefois pas impossible qu’aucun d’entre eux n’accède finalement à la fonction suprême. Au cours des mois tumultueux qui s’annoncent, la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres comme l’a montré la crise récente des banlieues. Dans les situations de crise, il n’est pas rare qu’émerge une personnalité libre des errements du passé, un homme ou une femme que personne n’attendait, mais à qui tous reconnaissent la légitimité nécessaire pour redresser la situation. A l’instar d’un Winston CHURCHILL, qui prêcha dans le désert tout au long des années trente pour dénoncer le danger que constituait le régime nazi et ne se compromit pas dans la politique d’apaisement, ce qui lui conféra une légitimité incontestable pour exercer le pouvoir quand l’orage survint.

31.12.05

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Caviar, champagne et RMI

En cette période de fêtes de fin d’année, synonymes de ripailles et d’excès alimentaires, le coup de force de quelques dizaines de chômeurs à la Grande Epicerie du Bon Marché, haut lieu du commerce de produits de bouche haut de gamme, est un symbole de la fracture, pour ne pas dire du gouffre, qui divise la France en cette fin d’année 2005. L’étalage de richesses et de produits de luxe ne peut évidemment qu’exciter la convoitise de ceux qui doivent endurer au quotidien la misère due à la précarité du travail et au chômage de masse, ces cancers qui rongent peu à peu notre tissu social. Il est même étonnant qu’il n’y ait pas eu ces dernières années plus de désespérés sociaux tentés, pour se faire entendre, de mener des actions plus radicales envers les symboles de notre société de consommation censitaire. Sans céder aux sirènes utopiques de l’extrême-gauche et en appeler à un grand soir et à une stricte égalité de revenus entre les citoyens, qui seraient des non-sens économiques et dont les pays de l’ex-bloc soviétique ont prouvé qu’ils ne menaient nulle part, il n’en reste pas moins qu’il est grand temps que soient menées les réformes d’envergure qui, en relançant la machine économique et en remettant en marche l’ascenseur social, redonneront espoir à tous les Français. Sauf à prendre le risque d’actions de plus en plus radicales de la part des exclus et des laissés-pour-compte du système.

10.12.05

Permalien 20:04:27, par Denis Email , 372 mots   French (FR)
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Du déficit et de la dette pour quels résultats ?

Après l’annonce par le Ministre de l’Economie et des Finances que la dette publique dépasse les 2.000 milliards d’euros en tenant compte des engagements liés aux retraites de la fonction publique, après l’examen d’un budget une nouvelle fois en déficit sensible malgré l’utilisation de tous les artifices possibles par le gouvernement pour le contenir, il reste une seule question qui vaille : à quoi servent ce déficit et cette dette en perpétuelle augmentation ? Si encore nous affichions depuis 30 ans un taux de croissance digne des Etats-Unis, un pouvoir d’achat en hausse constante et un taux de chômage insignifiant, on pourrait être tenté de penser qu’ils ne sont pas inutiles. Mais nous en sommes loin. Avec une croissance molle, 10 % de chômage, un pouvoir d’achat qui s’effrite, 1 million de RMIstes, nous endettons chaque année un peu plus nos enfants et petits-enfants pour de bien piètres résultats. Et on ne peut pas incriminer les banques centrales. Depuis 5 ans, les taux d’intérêt sont au plus bas. Si le niveau des taux était le seul déterminant de la croissance économique, celle-ci aurait dû s’emballer depuis 5 ans. La croissance molle que nous avons connu sur cette période oblige à s’interroger sur les effets pervers du déficit et de la dette publics. Qui arrivera à faire comprendre aux Français que ce sont là les premiers ennemis de la croissance, des créations d’emplois et de la hausse du pouvoir d’achat. Il règne sur cette question un aveuglement collectif entretenu par le déni de la réalité dont font preuve nos dirigeants. A l’instar de celui qui prévalait dans les années 30, lorsque nos chefs militaires affichaient une confiance inébranlable dans la protection que procurait la ligne Maginot et refusaient de voir que la mécanisation des armées remettait en cause les schémas tactiques datant de la première Guerre Mondiale. On sait ce qu’il advint. Il fallut la catastrophe des mois de mai et juin 1940 pour que les yeux des Français s’ouvrent à la réalité. A quand la débâcle ?

01.12.05

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2.000 milliards d’euros

Ce n’est pas le titre d’un polar, mais le montant de la dette de la France tel que l’a confirmé cette semaine le Ministre de l’Economie et des Finances. Le chiffre est tellement astronomique qu’on en vient à se demander si les Français se rendent bien compte de sa signification. Pour 900 milliards d’euros, il s’agit d’un engagement futur, les pensions qu’il faudra verser aux retraités de la fonction publique. Cette dette-là ne génère pas d’intérêt, mais elle correspond quand même à une dépense certaine dont il faudra s’acquitter dans les années à venir, et donc financer par des impôts et des prélèvements. Pour 1.100 milliards d’euros, il s’agit de sommes dues à ceux qui ont acheté des emprunts d’Etat et à qui des intérêts sont versés (pour un montant équivalent aux recettes de l’impôt sur le revenu). D’où viennent-ils ces 1.100 milliards d’euros de dettes ? De 30 ans de déficits publics. Chaque année depuis 30 ans, l’Etat dépense plus qu’il ne gagne. Pour financer cet excès de dépenses, une seule solution : recourir au crédit. Comme un ménage vivant au-dessus de ses moyens doit financer ses dépenses par du découvert bancaire ou des crédits à la consommation. On sait comment cela finit pour les ménages qui tirent trop sur la corde : en situation de surendettement. Pour les Etats, le processus prend un peu plus de temps mais on aboutit à un résultat identique : la crise financière, comme en Argentine. Et même si nous échappons à la crise financière en stabilisant cette dette pendant qu’il en est encore temps, il faudra quand même bien les rembourser, ces 1.100 milliards d’euros. Avec là encore, des impôts et des prélèvements. Chacun de nous, nos enfants et nos petits-enfants n’avons pas fini de payer. Pendant ce temps-là, ceux qui sont responsables de cette situation auront eu les honneurs des livres d’histoire. Vous trouveriez cela normal ?

25.11.05

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L’imposture de la défense du service public

Les grévistes de la SNCM et de la RTM, les manifestants du 19 novembre dernier et les grévistes de la SNCF cette semaine ont tous brandi l’étendard de la défense des services publics. Quand arrivera-t-on à mettre fin à cette gigantesque imposture ? Les réformes qu’appellent de leurs v½ux ceux d’entre nous qui sommes restés en contact avec les réalités du monde qui nous entoure, n’ont pas pour objectif de démanteler les services publics, mais d’optimiser le coût auxquels ils sont assurés sans que cela nuise à leur qualité. Les syndicats voudraient nous faire croire que toute diminution des coûts de fonctionnement des services publics est synonymes de détérioration de leur qualité. Comme si les progrès techniques ne s’appliquaient pas aux services publics. Depuis deux siècles, on fabrique mieux, plus vite et pour moins cher grâce aux progrès techniques. Et cela en matière d’industrie comme de services, y compris publics. L’imposture consistant à nous faire croire qu’il n’est pas possible de réduire le coût de fonctionnement pour la collectivité des services publics à qualité égale, n’est destinée qu’à défendre les privilèges d’une minorité. Et cela nous coûte cher. Trop cher.

23.11.05

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De l’usage de la violence en France

Quoi que chacun puisse penser des violences récentes qui ont enflammé les banlieues françaises, il faut constater qu’elles sont une nouvelle preuve que la violence est le seul moyen d’être écoutés des hommes politiques et des médias. Autre forme de violence permettant de se faire entendre : la nuisance publique, généralement au nom de la défense des services publics. Pour avoir voix au chapitre en France, il faut casser ou bloquer le pays. La liste est longue de ceux qui profitent de cet état de fait (le pire, en toute impunité pour certains) : les nationalistes corses, les agriculteurs qui saccagent des édifices publics, les marins de la SNCM, les militants anti-OGM (au moins, ceux-là assument-ils en partie les conséquences judiciaires de leurs actes), les salariés des entreprises de services publics, les routiers. Les autres, ceux qui respectent l’Etat de droit ou qui ne disposent pas des mêmes moyens de pression, n’ont que leur bulletin de vote pour exprimer leur mécontentement. Avec, scrutin après scrutin, le sentiment de plus en plus fort de ne pas être écoutés. Et donc le risque que de plus en plus d’entre eux se laissent séduire par les extrêmes de gauche ou de droite.

18.11.05

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La vraie nature de Nicolas

En obtenant des Éditions First qu’elles renoncent à publier la biographie de Cécilia, Nicolas SARKOZY a peut-être commis son premier vrai faux-pas. Car il vient ainsi de faire la preuve qu’il souffre du même travers que nombre de ceux qui nous dirigent depuis trente ans : il se place au-dessus des lois et donc des citoyens ordinaires et use de ses fonctions pour satisfaire des intérêts particuliers. Il existe des lois et des tribunaux pour contester le contenu d’un livre. Bien sûr, comme le veut l’adage, un mauvais accord est préférable à un mauvais procès et rien n’interdisait au ministre de l’Intérieur de négocier à l’amiable avec les Éditions First. Mais qui peut croire que ses fonctions actuelles et son statut de présidentiable favori des Français n’ont pas pesé dans la balance de façon déterminante ? Les Éditions First auraient-elles cédé à la pression s’il avait été sous-secrétaire d’État aux Anciens Combattants et candidat à la mairie de Limoges ? Il faut dire que dans ce cas-là elles n’auraient peut-être jamais eu l’idée de publier une biographie de Cécilia…

Permalien 20:10:34, par Denis Email , 160 mots   French (FR)
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Le "rating" de la France

Le scénario du roman "Ras-le-Bol" n’est pas loin de prendre forme. Dans une étude récente, l’agence de notation Standard & Poor’s s’interroge quant à la capacité de la France de conserver sa notation AAA, attribuée aux Etats les plus fiables pour ce qui est du remboursement futur de leurs dettes. L’agence de notation s’inquiète de l’augmentation de la dette publique, passée en 25 ans de 20 % à plus de 65 % du PIB, dénonce la dérive des ratios financiers de la France qui s’éloignent de la moyenne des pays notés AAA, et avertit que "la capacité à contenir strictement les dépenses de toutes les administrations publiques est devenue essentielle au maintien de la qualité de crédit élevé de la France". Le gouvernement est prévenu. Toute ressemblance avec des personnages et/ou des évènements décrits dans un roman paru récemment ne serait que pure coïncidence…

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